Le Royaume chérifien poursuit la modernisation de sa politique cynégétique. En préparant la saison 2026-2027, les autorités marocaines ont confirmé leur volonté de développer une chasse durable fondée sur la gestion scientifique des populations, la préservation des habitats et la responsabilisation des chasseurs. Une approche qui rappelle de plus en plus les principes défendus depuis de nombreuses années par le modèle cynégétique français.
Une nouvelle saison placée sous le signe de la gestion durable
Le Conseil supérieur de la chasse marocain a fixé les grandes orientations de la prochaine saison cynégétique. La chasse ouvrira officiellement le 4 octobre 2026 sur l’ensemble du territoire national. Seule la chasse à la tourterelle bénéficiera d’un calendrier particulier avec une ouverture fixée au 24 juillet 2027, conformément aux décisions arrêtées par le Conseil. Au-delà des dates d’ouverture, cette réunion annuelle a surtout permis de dresser le bilan de la saison écoulée, d’évaluer l’état des populations de faune sauvage et de définir les mesures destinées à concilier pratique de la chasse, protection de la biodiversité et développement des territoires ruraux.
Une philosophie de gestion proche de celle défendue en France
À travers sa stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 », le Royaume entend faire de la chasse un véritable outil de gestion de la biodiversité. Les autorités mettent notamment l’accent sur le suivi scientifique des espèces, la restauration des habitats, la régulation des populations lorsque cela s’avère nécessaire, la lutte contre le braconnage ainsi que la responsabilisation des gestionnaires de territoires. Autant de principes qui rappellent ceux défendus depuis longtemps par les fédérations départementales des chasseurs et la Fédération nationale des chasseurs en France, où la chasse est également présentée comme un outil de gestion durable des milieux naturels.
Plus de 70 000 chasseurs pratiquent leur passion
La saison 2025-2026 confirme le dynamisme de la chasse marocaine. Plus de 65 000 chasseurs marocains ont fréquenté les territoires ouverts à la chasse, auxquels se sont ajoutés près de 5 000 chasseurs touristiques venus pratiquer leur passion dans le Royaume. Les prélèvements demeurent mesurés, avec une moyenne de 1,58 perdrix prélevée par chasseur et par journée de chasse, illustrant une gestion raisonnée des populations de petit gibier.
La location des droits de chasse poursuit son développement
Autre évolution marquante, le Maroc continue de développer un système consistant à confier la gestion de territoires de chasse à des associations ou à des opérateurs spécialisés, au travers de la location des droits de chasse. Le Royaume compte désormais 1 737 territoires ainsi gérés, représentant près de 4,39 millions d’hectares. La majorité de ces espaces est administrée par des associations de chasseurs, tandis qu’une part importante est réservée à la chasse touristique. Depuis 2020, le nombre de territoires concernés a progressé de 36 %, signe de la confiance accordée aux gestionnaires locaux pour assurer à la fois la pratique de la chasse et la conservation du patrimoine naturel.
Réintroductions et régulation du sanglier
Comme en France, la gestion cynégétique ne se limite pas aux prélèvements. Afin de soutenir les populations naturelles, près de 178 000 perdreaux issus des stations nationales d’élevage ont été réintroduits au cours de la dernière saison. Parallèlement, les opérations de régulation du sanglier se poursuivent afin de limiter les dégâts agricoles et les risques pour les habitants vivant à proximité des zones forestières. Au 15 juin 2026, 1 414 battues avaient été organisées dans le Royaume, permettant le prélèvement de 6 339 sangliers.
Une chasse qui entre dans l’ère du numérique
Le Maroc poursuit également la modernisation de son administration cynégétique grâce à la plateforme AmodiaChasse, destinée à simplifier les démarches administratives, améliorer le suivi des territoires et renforcer la transparence dans leur gestion. Les autorités accompagnent également le développement de nouvelles pratiques, comme la chasse à l’arc, tandis que la chasse touristique poursuit sa progression grâce à 146 sociétés spécialisées, intervenant sur 239 territoires et contribuant au développement économique de nombreuses zones rurales.
Un modèle qui poursuit sa structuration
Pour la saison 2026-2027, les autorités marocaines ont choisi de maintenir les quotas de prélèvement, les modalités d’organisation des battues ainsi que le tarif des permis de chasse. Cette stabilité traduit une volonté de poursuivre la structuration progressive de la chasse marocaine autour d’un modèle conciliant conservation de la biodiversité, développement des territoires et pratique responsable de la chasse. Le partenariat entre l’Agence nationale des eaux et forêts et la Fédération Royale Marocaine de Chasse illustre cette ambition commune : faire du chasseur un acteur de la gestion des espaces naturels. Une orientation qui, sur bien des aspects, rejoint aujourd’hui les fondements du modèle cynégétique français, souvent cité parmi les références européennes en matière de gestion durable de la faune sauvage.












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