À la tête de l’Auberge du Cheval Blanc, un hôtel trois étoiles situé dans un village de 750 habitants au cœur de la Sologne, Joël Danthu accueille une clientèle de chasseurs qui représente aujourd’hui la moitié de son chiffre d’affaires. Lors du colloque consacré à l’économie de la chasse à l’Assemblée nationale, il a expliqué comment cette activité permet à son établissement de travailler toute l’année, de maintenir huit emplois et de faire vivre tout un réseau de fournisseurs et de professionnels locaux.
Une clientèle de chasseurs qui représente la moitié du chiffre d’affaires
Située à seulement 22 kilomètres de Chambord, l’Auberge du Cheval Blanc bénéficie d’un emplacement qui lui permet d’accueillir une clientèle touristique tout au long de l’année. Mais la chasse occupe une place particulière dans son activité. « La clientèle chasse, aujourd’hui, occupe 50 % du chiffre d’affaires », explique Joël Danthu. L’établissement travaille avec des chasses privées comme avec des chasses professionnelles, principalement entre octobre et février, avec une clientèle qui revient régulièrement. Certains clients viennent de loin, notamment de Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni ou des États-Unis. Pour l’auberge, cette clientèle permet ainsi de maintenir une activité importante pendant une période où d’autres établissements touristiques peuvent connaître une fréquentation plus faible.
Des chasseurs qui remplissent plus de 60 % des chambres
L’importance de la chasse se retrouve directement dans le taux d’occupation de l’hôtel. Selon Joël Danthu, les chasseurs représentent plus de 60 % du remplissage sur la période concernée. Leur venue dépasse par ailleurs largement la seule journée de chasse. Les groupes peuvent arriver la veille, passer la nuit à l’auberge, chasser le lendemain puis rester une seconde nuit avant de repartir. À cette clientèle de chasseurs s’ajoutent les accompagnants, les propriétaires, les invités et parfois les familles. La chasse génère ainsi plusieurs nuitées et plusieurs repas autour d’un même séjour. « L’effet multiplicateur est très important », souligne Joël Danthu.
Huit emplois maintenus toute l’année
Cette activité hivernale joue également un rôle direct sur l’emploi. L’Auberge du Cheval Blanc emploie huit personnes à l’année, ce qui permet à l’établissement de conserver ses salariés plutôt que de fonctionner uniquement avec une main-d’œuvre saisonnière. Pour Joël Danthu, cet aspect est essentiel dans un contexte où le recrutement est déjà difficile. « Quand on arrive à avoir le personnel qu’on tient sur l’année, ça, c’est quand même la chose la plus importante qu’on puisse avoir », explique-t-il. Dans un petit village, où les salariés peuvent déjà avoir plusieurs dizaines de kilomètres à parcourir chaque jour pour venir travailler, garantir une activité sur l’ensemble de l’année constitue un enjeu majeur.

Des fournisseurs et producteurs locaux qui profitent aussi de l’activité
L’activité de l’auberge fait également travailler un réseau de fournisseurs locaux. Joël Danthu cite notamment les producteurs maraîchers, les asperges, les fraises, les myrtilles, les framboises, mais aussi les champignons, particulièrement associés à l’économie locale. L’établissement travaille également avec différents acteurs du territoire pour ses approvisionnements et ses prestations. La clientèle de chasse contribue ainsi à faire fonctionner un établissement qui, lui-même, fait travailler d’autres entreprises et producteurs. La logique économique dépasse donc largement le seul chiffre d’affaires réalisé directement avec les chasseurs.
Une activité qui dépasse les seuls mois de chasse
Pour Joël Danthu, la chasse s’inscrit aussi dans un écosystème plus large autour du territoire solognot. Il évoque notamment les gîtes et les chambres d’hôtes qui travaillent avec une clientèle liée à la chasse, mais également différentes activités qui permettent de maintenir de la fréquentation en dehors de la saison cynégétique. Il cite notamment des installations de tir et des compétitions qui peuvent attirer une clientèle hors saison. Cette diversité permet de prolonger les retombées économiques de la chasse au-delà des seules journées passées dans les territoires.
La chasse comme condition de survie de l’auberge
L’importance de cette clientèle est particulièrement visible lorsqu’on regarde les périodes creuses. L’auberge ferme à la fin du mois de février et le mois de mars constitue, selon Joël Danthu, une période particulièrement difficile, avant la reprise de l’activité touristique à partir de la mi-juillet. Dans ce contexte, la chasse permet de maintenir une activité significative pendant plusieurs mois. Et le gérant ne cache pas le rôle qu’elle joue dans l’existence même de son établissement : « Si il n’y a pas la chasse dans l’activité, l’auberge n’a pas lieu d’exister. Ça, je le répète et je le maintiens. » Pour cette auberge installée au cœur de la Sologne, la chasse représente donc bien davantage qu’une clientèle parmi d’autres : elle contribue directement à maintenir une activité économique, des emplois et tout un réseau de professionnels sur le territoire.











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