Alors que les incendies continuent de mobiliser des moyens considérables et des centaines d’hommes sur le terrain, les chasseurs participent eux aussi à l’effort collectif. Dans un communiqué publié le 29 juillet, la Fédération nationale des chasseurs rappelle leur engagement auprès des secours, mais réagit également aux premières demandes visant à suspendre la chasse dans les territoires incendiés. Pour la FNC, l’heure est d’abord à combattre le feu. La gestion de l’après devra, elle, se décider territoire par territoire.
Quand une forêt brûle, ceux qui la connaissent savent souvent où passer. Depuis le début des incendies, chasseurs, agriculteurs et forestiers prêtent main-forte aux professionnels mobilisés sur le terrain. Pas pour se substituer aux pompiers, évidemment, mais pour apporter ce qu’ils peuvent : des bras, du matériel et surtout une connaissance parfois très fine des massifs.
Dans son communiqué du 29 juillet, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) tient d’ailleurs d’abord à rendre hommage aux pompiers, forces de l’ordre, élus et ruraux engagés face aux flammes.
Des 4×4, des tonnes à eau et une connaissance du terrain
Dans plusieurs départements, les chasseurs participent ainsi à la logistique autour des opérations de secours.
Cela peut consister à guider des équipes sur des pistes forestières, mettre à disposition des véhicules tout-terrain pour atteindre des secteurs difficiles, transporter du matériel, acheminer de l’eau ou des vivres ou encore organiser des repas.
Des gestes qui ne feront peut-être pas les gros titres, mais qui prennent tout leur sens lorsque les journées s’allongent et que les équipes engagées accumulent les heures face au feu.
Pour beaucoup de chasseurs concernés, ce sont aussi leurs territoires qui brûlent. Des bois, des chemins et des communes qu’ils fréquentent toute l’année et dont ils connaissent parfois chaque piste.
Et déjà, la question de l’interdiction de la chasse
Alors que les incendies ne sont pas encore derrière nous, un autre débat commence pourtant à apparaître : faudra-t-il interdire la chasse dans les massifs touchés par le feu ?
C’est sur ce point que le ton du communiqué de la FNC se durcit nettement.
La Fédération dénonce les mouvements politiques et associatifs qui profiteraient, selon elle, de la catastrophe pour réclamer dès maintenant l’arrêt de la chasse dans les territoires incendiés. Elle s’en prend également à la circulation sur les réseaux sociaux de vidéos particulièrement spectaculaires montrant des animaux confrontés aux flammes, dont certaines seraient générées par intelligence artificielle.
Au-delà du ton très offensif employé par la FNC, une question bien réelle se pose : que faudra-t-il faire lorsque les incendies seront éteints ?
La chasse devra-t-elle s’arrêter dans les zones brûlées ?
La réponse de la FNC n’est pas de dire que rien ne doit changer.
Elle estime au contraire qu’il faudra regarder la situation territoire par territoire, en lien avec les préfets concernés et en fonction des conséquences réelles du feu sur les populations animales et leurs habitats.
Car tous les incendies ne produisent pas les mêmes effets. Selon leur intensité, leur durée, les surfaces parcourues et la configuration des territoires, certaines espèces peuvent être fortement touchées tandis que d’autres parviennent à fuir ou à recoloniser progressivement les secteurs sinistrés.
Décider aujourd’hui d’une règle uniforme pour tous les territoires n’aurait donc, selon la Fédération, pas de sens.
Les plans de chasse et les différents outils de gestion doivent justement permettre d’adapter les prélèvements à l’état des populations. Si la situation impose de réduire fortement, voire de suspendre certains prélèvements localement, ces décisions pourront être prises avec les services de l’État.
Après le feu, il faudra surtout reconstruire
C’est probablement là que se jouera une partie importante des prochains mois.
Une forêt brûlée n’est pas un territoire figé. La végétation revient, les animaux recolonisent progressivement les espaces et les équilibres évoluent. Encore faut-il suivre cette reconstruction et, lorsque cela est nécessaire, accompagner le retour des habitats.
La FNC rappelle que lors de précédents incendies, les chasseurs ont participé aux travaux de réaménagement des territoires et que la biodiversité a progressivement reconquis les secteurs touchés.
L’enjeu de l’après-feu sera donc autant cynégétique qu’environnemental : mesurer ce qui a réellement été perdu, suivre les populations, restaurer certains habitats et adapter la gestion aux nouvelles conditions du milieu.
Willy Schraen : « Il y a des femmes et des hommes qui refusent de rester de simples spectateurs »
Pour Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, la situation actuelle doit justement dépasser les querelles habituelles entre usagers de la nature.
« Face aux incendies, il n’y a plus de catégories d’usagers de la nature. Il y a des femmes et des hommes qui refusent de rester de simples spectateurs », explique-t-il dans le communiqué.
Une phrase qui résume finalement assez bien ce qui se joue actuellement sur le terrain.
Le débat sur la chasse dans les zones incendiées viendra. Et il devra avoir lieu. Certaines populations auront peut-être souffert, certains territoires nécessiteront probablement des adaptations et des décisions devront être prises.
Mais pour l’instant, dans les massifs touchés, l’urgence est ailleurs : arrêter le feu, soutenir ceux qui le combattent et protéger ce qui peut encore l’être. Le temps du bilan viendra ensuite.












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