Cyberattaque de NaturaBuy : les chasseurs de nouveau dans le viseur

Piratage Naturabuy

Une nouvelle cyberattaque vient de frapper un acteur majeur de l’univers de la chasse et du tir. NaturaBuy a confirmé avoir été victime, le 10 septembre, d’une intrusion ayant permis l’extraction de données personnelles de certains de ses membres. Noms, adresses, numéros de téléphone ou encore identifiants ont été compromis. Cette attaque intervient après plusieurs incidents ayant déjà touché ces derniers mois la FFTir, la Fédération nationale des chasseurs, une entreprise disposant d’un compte professionnel dans le SIA et, plus récemment, l’Armurerie Lavaux.

NaturaBuy attaqué le 10 septembre

Dans un message envoyé à ses membres, NaturaBuy explique avoir été la cible, le 10 septembre 2026, d’une cyberattaque externe ciblée. La plateforme affirme avoir détecté rapidement l’intrusion avant de mettre temporairement son site hors ligne afin de procéder à un audit et de corriger la vulnérabilité utilisée par les attaquants. Malgré cette réaction, certaines données ont pu être extraites. Sont concernés les noms et prénoms, les adresses électroniques et postales, les numéros de téléphone ainsi que les identifiants et mots de passe stockés sous forme chiffrée. NaturaBuy précise que les mots de passe en clair n’ont pas été récupérés. En revanche, selon la plateforme, aucune donnée bancaire, aucun moyen de paiement, aucun document d’identité, aucun numéro SIA, aucun numéro d’arme et aucun détail concernant les achats ou les ventes n’ont été dérobés. L’incident a été signalé à la CNIL et une plainte a été déposée. NaturaBuy demande par ailleurs à ses membres de modifier leur mot de passe lors de leur prochaine connexion, directement depuis son site.

Une adresse personnelle particulièrement sensible

Pour n’importe quel site de commerce en ligne, la fuite d’un nom, d’une adresse et d’un numéro de téléphone constitue déjà un incident sérieux. Dans le cas de NaturaBuy, la situation prend une dimension particulière. La plateforme rassemble en effet une importante communauté de chasseurs et de tireurs et permet notamment la vente d’armes dans le cadre de la réglementation française. Même si aucune information relative aux armes détenues n’a, selon NaturaBuy, été extraite, la présence d’une personne dans une base de clients ou de membres d’un tel site peut permettre à des individus mal intentionnés d’effectuer des recoupements. C’est la raison pour laquelle NaturaBuy appelle notamment ses membres détenteurs d’armes à la prudence face à de possibles tentatives d’escroquerie ou à des individus se présentant abusivement comme policiers, gendarmes ou douaniers.

La FFTir avait déjà été touchée

Cette nouvelle attaque est loin d’être la première visant le monde des armes au cours des derniers mois. Entre les 18 et 20 octobre 2025, le système informatique ITAC de la Fédération Française de Tir avait été victime d’une intrusion. Les données susceptibles d’avoir été compromises comprenaient le numéro de licence, l’état civil, la date et le lieu de naissance, l’adresse postale, l’adresse électronique et le numéro de téléphone des licenciés. La FFTir avait en revanche précisé qu’aucune donnée bancaire ou médicale n’était concernée. Elle ne dispose par ailleurs pas du détail des armes détenues par ses licenciés. L’affaire avait néanmoins été jugée suffisamment sérieuse pour que la Fédération mette en garde contre de faux policiers ou gendarmes susceptibles de contacter les tireurs. Elle rappelait que les forces de l’ordre ne se présenteraient pas spontanément au domicile d’un licencié afin de récupérer ses armes à la suite du piratage.

La FNC visée à son tour en janvier

Quelques mois plus tard, le 20 janvier 2026 à 5 h 30, c’était au tour de la Fédération nationale des chasseurs d’être la cible d’un acte de cybermalveillance. L’attaque avait affecté l’espace adhérents du guichet unique utilisé pour la validation du permis de chasser. Selon la FNC, l’intrusion avait été rapidement détectée et les accès immédiatement isolés. Certaines informations personnelles ainsi que, selon les cas, des données relatives à la validation du permis avaient néanmoins pu être consultées. Des Fédérations départementales des chasseurs avaient ensuite précisé que pouvaient notamment être concernés les noms, prénoms, adresses électroniques et postales, numéros de téléphone, ainsi que certaines informations relatives au permis de chasser. Aucune donnée bancaire, aucun mot de passe et aucune information concernant directement les armes détenues n’avaient en revanche été compromis.

Plus de 62 000 armes dans une fuite liée au SIA

L’affaire la plus préoccupante est survenue à la fin du mois de mars. Un pirate avait alors revendiqué la possession de données concernant environ 62 000 armes et leurs détenteurs. Contrairement à ce qui avait parfois été affirmé, le Système d’information sur les armes lui-même n’avait pas été directement piraté. Le ministère de l’Intérieur avait confirmé qu’un accès malveillant avait été effectué sur le compte professionnel d’une entreprise utilisatrice du SIA. Cet accès avait permis l’extraction de données commerciales présentes dans ce compte. Selon les éléments rendus publics, figuraient notamment parmi les informations concernées l’identité et l’adresse de détenteurs ainsi que des caractéristiques relatives aux armes, telles que leur catégorie, leur marque ou leur modèle. Le chiffre de quelque 62 000 armes provenait toutefois de la revendication du pirate et n’avait pas été officiellement confirmé par le ministère. Plusieurs sources spécialisées ont indiqué que le compte compromis était celui d’une importante armurerie du Vaucluse. L’administration n’a toutefois pas publiquement désigné l’entreprise concernée, ce qui impose de rester prudent sur son identification.

L’Armurerie Lavaux frappée cet été

La série s’est poursuivie au cœur de l’été. Le 1er août, l’Armurerie Lavaux, importante enseigne installée à Neufchâteau dans les Vosges et très présente dans la vente en ligne, a été informée d’une cyberattaque ciblée. Celle-ci avait permis l’extraction de données relatives à des commandes réalisées depuis 2025. Les pirates avaient notamment pu obtenir les noms et prénoms, numéros de téléphone, adresses postales, montants des commandes et, surtout, la désignation et les références des produits achetés. L’armurerie avait précisé qu’aucun numéro SIA, aucun numéro d’arme, aucune donnée bancaire, aucun mot de passe et aucun document transmis par ses clients n’avaient été compromis. Dans ce cas précis, la connaissance du contenu des commandes donnait néanmoins à la fuite une sensibilité évidente lorsqu’elles concernaient des armes, des munitions ou du matériel associé.

Une succession qui inquiète chasseurs et tireurs

FFTir, FNC, données accessibles par l’intermédiaire d’un compte professionnel du SIA, Armurerie Lavaux et désormais NaturaBuy : en moins d’un an, plusieurs organismes ou entreprises directement liés aux chasseurs et aux tireurs ont donc subi des attaques informatiques. Cette succession ne permet pas, en l’état des informations disponibles, d’affirmer qu’il existe une seule campagne coordonnée visant spécifiquement les détenteurs d’armes. Elle montre en revanche que les bases de données détenues par les acteurs de ce secteur présentent un intérêt évident pour les cybercriminels. L’inquiétude est d’ailleurs remontée jusqu’à l’Assemblée nationale. Le 8 septembre, deux jours seulement avant l’attaque contre NaturaBuy, le député de l’Ain Marc Chavent a interrogé le ministre de l’Intérieur sur la fuite survenue en mars et sur les risques de vols d’armes avec violences. Il demande notamment au Gouvernement quelles mesures supplémentaires seront prises pour sécuriser les données concernant les détenteurs légaux. À ce stade, aucun lien de causalité général ne peut être établi entre ces différentes fuites et d’éventuels cambriolages. Mais lorsqu’un fichier permet d’associer une identité et une adresse à la pratique du tir, de la chasse ou, dans certains cas, à des armes précisément identifiées, la question ne relève plus seulement de la protection classique des données personnelles.

Ne jamais remettre ses armes à un inconnu

NaturaBuy recommande donc à ses membres la plus grande vigilance. Toute demande de mot de passe ou de code de sécurité doit être considérée avec méfiance et la modification du mot de passe NaturaBuy doit être effectuée directement depuis le site. La plateforme rappelle également, comme l’avait fait la FFTir, que policiers, gendarmes ou douaniers ne viendront pas spontanément au domicile d’un particulier pour récupérer ses armes ou ses munitions à la suite d’une fuite de données. En cas d’appel ou de visite suspecte, le réflexe reste simple : ne communiquer aucune information sur ses armes ou ses habitudes, ne remettre aucun matériel à un inconnu et contacter directement les forces de l’ordre en composant le 17.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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