Incendies : 23 départements ont restreint la chasse cet été

Restrictions de chasse incendie

Le gouvernement dresse un premier bilan des restrictions de chasse prises après les incendies, la sécheresse et les fortes chaleurs de l’été. Au 1er septembre, 23 départements avaient connu au moins une mesure ayant eu pour effet de limiter l’activité cynégétique. Un chiffre qui confirme surtout le choix défendu par l’exécutif et les chasseurs : adapter les mesures à la situation réelle de chaque territoire plutôt qu’imposer un moratoire national.

23 départements concernés, mais pas 23 interdictions de chasser

Le chiffre a été dévoilé jeudi 3 septembre par Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, lors de la présentation du bilan climatique de l’été. Selon une note du ministère, « au 1er septembre, le recensement réalisé fait apparaître 23 départements ayant effectivement appliqué au cours de l’été au moins une mesure ayant eu pour effet de restreindre la chasse, directement ou par une limitation de l’accès aux massifs forestiers ». Une précision importante. Ces 23 départements n’ont donc pas tous décidé d’interdire ou de suspendre directement la chasse. Dans certains territoires, ce sont les restrictions d’accès aux forêts, prises en raison du risque d’incendie, qui ont de fait empêché temporairement certaines actions de chasse. C’est notamment le principe appliqué chaque été dans plusieurs départements méditerranéens, où l’accès, la circulation ou la présence dans les massifs peuvent être interdits lorsque le niveau de risque incendie devient trop important.

Des restrictions qui évoluent avec la situation

Le bilan du ministère ne signifie pas davantage que ces mesures sont toujours en vigueur. « Ces restrictions ont naturellement évolué avec le niveau de risque : plusieurs arrêtés pris en juin ou en juillet sont aujourd’hui levés, tandis que des mesures demeurent applicables dans certains secteurs directement touchés par les incendies », précise le gouvernement. Dans la Drôme, par exemple, l’accès à plusieurs massifs du Diois directement touchés par un incendie demeure interdit jusqu’à nouvel ordre. Dans le sud de la France, d’autres départements continuent également d’adapter quotidiennement l’accès à leurs espaces forestiers en fonction du danger météorologique. Le principe retenu est donc celui d’une évolution permanente des mesures et non d’une interdiction uniforme décidée plusieurs semaines à l’avance.

« Le gouvernement a fait le choix de la confiance au terrain »

Cette politique correspond exactement à la ligne annoncée par le gouvernement à la fin du mois d’août. Face aux demandes de plusieurs associations animalistes réclamant un report généralisé de l’ouverture, voire un moratoire national sur la chasse, l’exécutif avait refusé une mesure applicable indistinctement à toute la France. « Le gouvernement a fait le choix de la confiance au terrain, considérant que des mesures nationales n’étaient pas adaptées aux différences de réalités territoriales », a rappelé Mathieu Lefèvre. Le 21 août, le ministre avait ainsi adressé une instruction aux préfets leur demandant d’apprécier localement la situation, notamment concernant la chasse au gibier d’eau. Les représentants de l’État disposent déjà pour cela d’un outil juridique. L’article R.424-3 du Code de l’environnement prévoit qu’en cas de calamité, d’incendie, d’inondation ou de gel prolongé susceptible de provoquer ou de favoriser la destruction du gibier, le préfet peut suspendre la chasse à tout ou partie des espèces sur tout ou partie du département. Ces suspensions sont prononcées pour dix jours au maximum mais peuvent être renouvelées.

Une gestion locale également défendue par les chasseurs

Cette approche au cas par cas est également celle défendue depuis le début de la polémique par la Fédération nationale des chasseurs. Fin août, son président Willy Schraen rappelait que les chasseurs n’avaient évidemment aucun intérêt à exercer leur activité sur des secteurs où les animaux auraient été fortement fragilisés. « Il est évident que l’on tient compte de tout ce qu’il s’est passé cet été. Il y aura plein d’endroits où il n’y aura pas de chasse », expliquait-il. Il rappelait également que les plans de chasse et les prélèvements sont régulièrement adaptés aux circonstances locales et que certaines espèces, à commencer par le sanglier, doivent continuer à être régulées lorsque leur situation le nécessite afin d’éviter une augmentation des populations et des dégâts agricoles. Mathieu Lefèvre a lui-même souligné jeudi que les chasseurs n’avaient pas prévu d’actions de chasse dans de nombreux massifs incendiés, dont certains restent d’ailleurs encore interdits d’accès pour des raisons de sécurité.

Le moratoire national n’a finalement pas eu lieu

Ce bilan intervient après plusieurs semaines de pression exercée par les associations opposées à la chasse. Début août, cinq organisations, dont l’ASPAS, One Voice et AVES, avaient réclamé au gouvernement un moratoire. Le 17 août, l’ASPAS avait ensuite saisi 44 préfets pour leur demander de suspendre la chasse dans les départements les plus touchés par les incendies, la canicule ou la sécheresse. Une pétition allant dans le même sens a parallèlement recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures. La LPO continue pour sa part de regretter qu’aucune mesure nationale n’ait été prise concernant le gibier d’eau. Le bilan communiqué par le gouvernement montre pourtant qu’entre l’absence totale de restrictions et le moratoire généralisé réclamé par certaines associations, une troisième voie a été appliquée sur le terrain : celle de mesures ciblées, temporaires et évolutives décidées en fonction des réalités locales. À quelques jours de l’ouverture générale dans une grande partie de la France, cette méthode permet ainsi de protéger les secteurs réellement fragilisés sans condamner indistinctement la chasse dans des territoires qui n’ont pas subi les mêmes conséquences des incendies et de la sécheresse.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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