Cerfs en forte hausse, chevreuils en recul : le bilan 2025-2026

Cerf élaphe et brocard

Après le record historique des prélèvements de sangliers, le dernier bilan du réseau Ongulés sauvages OFB-FNC-FDC révèle des évolutions contrastées chez les cervidés. Le cerf élaphe poursuit sa progression et approche désormais les 100 000 prélèvements annuels, tandis que le chevreuil enregistre une nouvelle baisse, toutefois limitée.

Près de 100 000 cerfs prélevés, un nouveau record

Avec 98 074 cerfs élaphes prélevés durant la saison 2025-2026, contre 90 404 un an auparavant, le tableau national progresse de 8,5 %. Une augmentation qui confirme la tendance observée depuis plusieurs années, les prélèvements ayant plus que doublé en vingt ans. Les attributions du plan de chasse s’élevaient à 132 339 animaux, dont 97 810 ont effectivement été prélevés dans ce cadre. Le taux de réalisation atteint ainsi 73,9 %, contre 70,4 % lors de la saison précédente. À ces réalisations s’ajoutent 264 cerfs prélevés dans le cadre de mesures administratives. Les disparités départementales restent importantes. Le Cantal arrive en tête avec 4 155 animaux, suivi de l’Indre-et-Loire (3 976), de la Dordogne (3 244), de la Vienne (3 212) et du Loir-et-Cher (3 195). Certaines progressions sont particulièrement spectaculaires, notamment dans le Loiret (+ 51 %), l’Essonne (+ 43 %) et le Calvados (+ 39 %). À l’inverse, l’Aube et la Loire-Atlantique enregistrent chacune une baisse de 16 %.

Le chevreuil poursuit son léger recul

La situation est différente pour le chevreuil. Avec 563 746 animaux prélevés en 2025-2026, le tableau national diminue de 1 % par rapport à la saison précédente, qui avait déjà enregistré une baisse de 5,8 %. Le chevreuil demeure néanmoins, derrière le sanglier, le grand gibier le plus prélevé en France. Sur les 737 171 attributions accordées, 563 108 ont été réalisées, soit un taux de 76,4 %. Par ailleurs, 638 animaux ont fait l’objet de prélèvements administratifs. La Dordogne occupe la première place avec 14 368 chevreuils, devant la Gironde (13 079) et la Moselle (12 407). Neuf départements dépassent les 10 000 prélèvements annuels. Là encore, les évolutions locales sont très contrastées. Le Loiret affiche une hausse de 45 %, suivi de la Seine-et-Marne (+ 40 %) et de l’Aisne (+ 36 %). À l’opposé, les Deux-Sèvres enregistrent une diminution de 29 %, l’Aube de 22 % et le Doubs de 20 %.

Des prélèvements qui ne reflètent pas uniquement les populations

Ces résultats doivent être interprétés avec précaution. Une augmentation du tableau de chasse ne signifie pas nécessairement une hausse équivalente des populations sauvages, pas plus qu’une diminution des prélèvements ne traduit automatiquement un recul des effectifs. L’OFB rappelle que les tableaux dépendent notamment de l’effort de chasse, des conditions météorologiques, des habitats et des contraintes réglementaires. Les plans de chasse constituent précisément l’un des principaux instruments de gestion des cervidés. Ils permettent d’adapter les prélèvements aux situations locales, notamment pour rechercher un équilibre entre les populations de grand gibier et leur environnement. Avec un cerf élaphe qui poursuit sa progression et un chevreuil dont les prélèvements se stabilisent à un niveau légèrement inférieur, le bilan 2025-2026 illustre surtout la diversité des situations auxquelles sont confrontés les chasseurs et les gestionnaires de territoires.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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