Un huitième loup a été abattu dans la Drôme depuis le début de l’année 2026. L’animal a été tué dans la nuit du 10 au 11 août à Châtillon-en-Diois alors qu’il attaquait un troupeau. Surtout, il s’agit du troisième loup éliminé en seulement quatre jours dans le département. Une succession qui témoigne moins d’une frénésie de tirs que de la pression particulièrement forte exercée actuellement par le prédateur sur les élevages drômois.
Un huitième loup abattu dans la Drôme
La série continue dans la Drôme. Dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 août, un loup a été abattu à Châtillon-en-Diois alors qu’il se trouvait en situation d’attaque sur un troupeau. Le tir de défense a été réalisé par un lieutenant de louveterie. Selon la préfecture, l’éleveur concerné avait déjà mis en œuvre des mesures destinées à protéger ses animaux. Ce nouveau prélèvement porte à huit le nombre de loups tués dans le département depuis le 1er janvier 2026. Pris isolément, ce chiffre pourrait sembler important. Mais la chronologie des dernières semaines permet surtout de mesurer la pression exercée par le prédateur sur certains secteurs de la Drôme.
Trois loups abattus en seulement quatre jours
Le rythme s’est en effet brutalement accéléré au mois d’août. Dans la nuit du 6 au 7 août, une louve avait déjà été abattue dans le Diois par un lieutenant de louveterie alors qu’elle attaquait un troupeau. Deux nuits plus tard, du 8 au 9 août, une autre louve était éliminée dans les Baronnies provençales, elle aussi dans le cadre d’un tir de défense et alors que des mesures de protection avaient été mises en place par l’éleveur. Puis est intervenu le tir de Châtillon-en-Diois dans la nuit du 10 au 11 août. Trois loups ont donc été abattus en quatre jours dans le même département. Une concentration qui mérite d’être regardée dans le bon sens. Ce ne sont pas trois loups recherchés et éliminés au hasard sur le territoire drômois. Dans chacun de ces cas, le prédateur se trouvait au contact d’un troupeau et le tir a été effectué dans le cadre du dispositif légal de défense des élevages.
Huit tirs qui racontent surtout huit situations de prédation
Depuis janvier, la liste permet d’ailleurs de mesurer à quel point le phénomène concerne différents secteurs du département. Une louve avait été prélevée dans la nuit du 15 au 16 janvier à Piégros-la-Clastre. Un loup avait ensuite été tué les 4 et 5 février à Montmeyran, puis un autre les 8 et 9 mars à Saillans. Un quatrième avait été abattu fin mai dans les Baronnies, avant un cinquième dans le Royans-Vercors dans la nuit du 19 au 20 juillet. Depuis, les trois tirs du mois d’août ont porté le compteur départemental à huit. Du Diois aux Baronnies, en passant par le Royans-Vercors, la présence du loup n’est donc plus une problématique localisée à une vallée ou à quelques exploitations particulièrement exposées. Ce chiffre de huit loups abattus doit ainsi être rapproché de la répétition des situations ayant conduit à autoriser ou mettre en œuvre ces tirs.
Le tir de défense n’est pas une chasse au loup
Le cadre réglementaire est d’ailleurs particulièrement clair sur ce point. L’arrêté du 23 février 2026 prévoit que les tirs de défense peuvent être mis en œuvre pendant toute la durée de présence des troupeaux dans les territoires soumis à la prédation du loup. Ils doivent notamment être réalisés à proximité du troupeau concerné. Le même texte rappelle que la destruction du loup demeure interdite en France en dehors des conditions prévues pour la défense des troupeaux. Il prévoit également que les moyens d’intervention doivent être concentrés notamment sur les élevages et les territoires les plus touchés par la prédation. Autrement dit, le nombre de loups abattus dans un département fortement exposé ne peut pas être analysé sans tenir compte du nombre et de l’intensité des situations de prédation auxquelles les éleveurs sont confrontés.
Des troupeaux protégés malgré tout attaqués
Un autre élément revient presque systématiquement dans les communiqués de la préfecture : les éleveurs concernés avaient mis en œuvre des mesures de protection. C’était déjà le cas pour la louve tuée dans le Diois le 7 août. Cela l’était également pour celle des Baronnies quelques jours plus tard et, une nouvelle fois, pour le loup éliminé à Châtillon-en-Diois. Ce constat est essentiel. Les clôtures, chiens de protection, regroupements nocturnes ou autres dispositifs peuvent réduire le risque de prédation. Ils ne permettent cependant pas d’empêcher toutes les attaques. Lorsque le loup franchit ces protections et s’en prend malgré tout au troupeau, le tir de défense constitue précisément l’un des derniers moyens prévus par la réglementation pour permettre à l’éleveur de protéger ses animaux.
126 loups abattus en France depuis janvier
À l’échelle nationale, le loup de Châtillon-en-Diois serait, selon les chiffres communiqués par la préfecture, le 126e animal tué depuis le début de l’année. Le nombre maximal de loups dont la destruction peut être autorisée est fixé à 21 % de l’effectif moyen estimé annuellement. Ce plafond constitue une limite réglementaire et non un objectif à atteindre. Là encore, l’objectif du dispositif est de maintenir la possibilité de défendre les troupeaux tout au long de l’année, en concentrant notamment les interventions dans les secteurs où la prédation est la plus forte. La Drôme semble actuellement fournir une illustration particulièrement nette de ce principe.
La Drôme en première ligne face au loup
Huit loups abattus depuis janvier, dont trois en seulement quatre jours : les chiffres sont spectaculaires. Mais ils ne disent pas qu’une chasse généralisée au loup serait organisée dans le département. Ils racontent surtout la situation d’un territoire où élevage pastoral et présence du prédateur se confrontent de plus en plus régulièrement. Chaque tir intervenu ces derniers jours répond à la même réalité : un troupeau exposé, des protections déjà mises en place, un loup en situation d’attaque et une intervention effectuée dans le cadre réglementaire. Le nombre de loups abattus dans la Drôme est donc aussi, et peut-être avant tout, un indicateur de la pression lupine que subissent actuellement ses éleveurs. Et avec trois tirs de défense nécessaires en quatre jours, cette pression semble tout sauf théorique.












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