Drôme : une sixième louve abattue, toujours loin du « massacre »

Tir de défense loup

Une louve en situation d’attaque sur un troupeau a été abattue dans la nuit du 6 au 7 août dans le Diois par un lieutenant de louveterie. Il s’agit du sixième loup éliminé dans la Drôme depuis le début de l’année. À l’échelle nationale, 115 loups ont été tués depuis janvier, alors que le plafond annuel actuellement fixé permet d’aller jusqu’à 227 prélèvements.

Un tir de défense par un louvetier

Une nouvelle louve a été abattue dans la Drôme. L’intervention s’est déroulée dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 août sur le territoire du Diois, alors que le prédateur se trouvait « en situation d’attaque » sur un troupeau. Le tir de défense a été effectué par un lieutenant de louveterie, comme l’a annoncé la préfète de la Drôme. L’administration précise également que l’éleveur concerné avait déjà mis en œuvre des mesures destinées à protéger ses animaux.

Une louve abattue alors qu’elle attaquait un troupeau

L’intervention ne correspond donc pas à une recherche organisée du prédateur dans le massif. Le lieutenant de louveterie est intervenu alors que la louve était directement confrontée au troupeau. « Dans la nuit du 6 au 7 août, une louve en situation d’attaque sur un troupeau présent sur le territoire du Diois a été tuée dans le cadre d’un tir de défense réalisé par un lieutenant de louveterie », indique la préfecture. Elle souligne que ce tir est intervenu « en complément des mesures de protection déjà mises en œuvre par l’éleveur pour préserver son troupeau ». Le prélèvement a été réalisé dans le cadre réglementaire fixé notamment par les arrêtés des 23 octobre 2020 et 23 février 2026, qui encadrent les dérogations permettant la destruction d’un loup et définissent le plafond national annuel.

Six loups depuis janvier dans toute la Drôme

Cette louve est le sixième prédateur abattu dans le département depuis le début de l’année 2026. Le précédent tir ne remonte qu’à trois semaines. Dans la nuit du 19 au 20 juillet, un loup avait également été éliminé par un lieutenant de louveterie dans le Royans-Vercors. Là encore, l’animal était en situation d’attaque sur un troupeau pourtant protégé. Deux cas qui illustrent surtout les conditions dans lesquelles sont réalisés ces tirs : présence du prédateur au contact des animaux domestiques, mesures de protection préalablement mises en place et intervention d’une personne légalement habilitée. Nous sommes donc assez loin de l’image parfois véhiculée d’une chasse au loup devenue libre depuis l’évolution de son statut européen.

115 loups tués depuis le début de l’année

Le bilan national permet également de remettre les chiffres en perspective.

Selon les dernières données rapportées par ICI Drôme Ardèche, 115 loups ont été tués en France depuis le début de l’année 2026. Au 24 juillet, ce nombre s’établissait encore à 92. Le compteur a donc progressé de 23 animaux en près de trois semaines, mais il reste néanmoins très inférieur au plafond réglementaire actuellement applicable. Celui-ci est fixé à 227 loups pour l’année, correspondant à 21 % de la population estimée. Il pourrait, dans certaines conditions prévues par la réglementation, être porté jusqu’à 23 %. Avec 115 loups tués, un peu plus de la moitié du plafond actuel a donc été atteinte alors que plus de sept mois de l’année se sont écoulés. Un plafond n’est évidemment pas un objectif à atteindre. Il représente seulement le nombre maximal d’animaux pouvant être soustraits de la population dans le cadre réglementaire. Mais les chiffres permettent là encore de relativiser les accusations d’élimination généralisée du loup formulées depuis l’évolution de son statut.

Le loup reste protégé

Depuis 2025, le loup est passé au niveau européen du statut d’espèce « strictement protégée » à celui d’espèce « protégée ». La France a ensuite adapté son dispositif avec l’arrêté du 23 février 2026, entré en vigueur au printemps. Cette évolution permet davantage de souplesse dans la gestion des individus responsables d’attaques, mais elle n’a évidemment pas transformé le loup en espèce chassable. Un particulier ne peut pas décider d’abattre librement un prédateur aperçu dans un pré ou à proximité d’un troupeau. Les tirs restent soumis à un cadre précis et interviennent notamment lorsqu’il s’agit de défendre des animaux domestiques exposés à la prédation. Le cas du Diois en fournit une nouvelle illustration : la louve n’a pas été recherchée pour le seul fait d’être présente dans le secteur. Elle a été tuée alors qu’elle attaquait effectivement un troupeau.

Les protections ne suffisent pas toujours

L’autre enseignement de ce nouveau prélèvement concerne les moyens de protection imposés ou recommandés aux éleveurs. Clôtures électrifiées, chiens de protection, regroupement nocturne ou présence humaine permettent de limiter les risques, mais ils ne constituent jamais une garantie absolue contre une attaque. La préfecture insiste d’ailleurs elle-même sur le fait que l’éleveur du Diois avait déjà mis en place des mesures de protection. Malgré celles-ci, la louve a tout de même tenté de s’en prendre au troupeau. Une situation familière pour de nombreux éleveurs des territoires où le prédateur est solidement installé, et qui explique précisément l’existence des tirs de défense.

Toujours aucune « chasse au loup »

Avec six loups abattus dans la Drôme depuis janvier et 115 à l’échelle nationale, difficile donc de parler d’une campagne d’extermination. Le loup demeure protégé, les interventions restent encadrées et les tirs sont toujours difficiles à réaliser sur un animal particulièrement discret, mobile et essentiellement actif la nuit. Dans le Diois, comme trois semaines auparavant dans le Royans-Vercors, un lieutenant de louveterie a simplement rempli la mission pour laquelle le dispositif de défense existe : permettre à un éleveur de protéger son troupeau lorsqu’un prédateur franchit les protections et passe effectivement à l’attaque. Pour les éleveurs confrontés à la prédation, l’enjeu reste finalement beaucoup plus concret que les polémiques sur le statut du loup : pouvoir défendre leurs animaux avant que les pertes ne s’accumulent.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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