La future loi d’urgence agricole, voulue par le gouvernement pour soutenir les agriculteurs, inquiète la Fédération Nationale de la Pêche en France, qui redoute un affaiblissement de la protection des rivières et de la gestion locale de l’eau.
Une loi d’urgence agricole qui inquiète les pêcheurs
Face à la crise que traverse le monde agricole, le gouvernement prépare une loi d’urgence destinée à répondre rapidement aux difficultés du secteur, notamment en facilitant la gestion de l’eau. Ce projet, annoncé par le Premier ministre et attendu pour le printemps, prévoit d’accélérer certains projets agricoles, en particulier ceux liés au stockage de l’eau et à la simplification de règles environnementales jugées contraignantes par de nombreux exploitants.
Les projets hydrauliques dans le viseur
C’est précisément ce point qui suscite l’inquiétude de la Fédération Nationale de la Pêche en France (FNPF). Pour les représentants de la pêche, “la future loi vise à débloquer des projets hydrauliques aujourd’hui freinés par la réglementation environnementale, notamment pour sécuriser l’accès à la ressource hydrique des agriculteurs dans un contexte de changement climatique.” Mais la fédération alerte sur le risque d’un feu vert trop rapide à des ouvrages hydrauliques, au détriment de l’équilibre naturel des rivières, de la qualité des nappes phréatiques, et du bon état écologique des milieux aquatiques.
La menace d’un recul environnemental
Dans un communiqué, la FNPF s’alarme d’une “possible multiplication des dérogations” aux règles de protection de l’eau. Elle rappelle que la loi Duplomb, adoptée en 2025, avait déjà introduit des exceptions environnementales “au nom des enjeux socio-économiques agricoles.” Pour les pêcheurs, la future loi d’urgence agricole risque de s’inscrire dans la même logique : moins de contraintes, plus de dérogations, et in fine, “un nouvel affaiblissement du cadre réglementaire protecteur pour les milieux aquatiques.”
Un risque de recentralisation et de perte de contrôle local
La FNPF pointe enfin le risque d’un “affaiblissement du rôle des commissions locales de l’eau et des comités de bassin”, qui assurent la concertation entre élus, usagers et associations au niveau local. Pour la fédération, “ces instances sont un pilier historique de la gouvernance de l’eau en France”, et toute recentralisation des décisions viendrait fragiliser le tissu local qui garantit une gestion équilibrée et durable de la ressource.












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