À Saint-Pierre-et-Miquelon, les chasseurs ont tranché : le quota du cerf de Virginie, appelé localement “chevreuil”, sera limité à un animal par chasseur pour la saison 2026. Une décision prise à l’unanimité qui illustre parfaitement une chasse capable d’adapter ses prélèvements à l’état des populations.
Des comptages estivaux encourageants
À moins de trois semaines de l’ouverture de la chasse au cerf de Virginie, que les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon appellent traditionnellement « chevreuil », les nouvelles venues du terrain sont bonnes. Les comptages réalisés durant l’été montrent des effectifs satisfaisants sur les îles de Miquelon et de Langlade. À Miquelon, 235 animaux ont été observés lors d’un premier comptage puis 236 lors du second. Les résultats sont encore plus importants à Langlade, où jusqu’à 471 cerfs de Virginie ont pu être recensés. Et ces chiffres pourraient même sous-estimer les effectifs réellement présents. Certaines opérations n’ont en effet pas pu être menées intégralement en raison des conditions météorologiques, notamment de la brume ou de la houle. Pour Daniel Koelsh, président de la Fédération des chasseurs de Saint-Pierre-et-Miquelon, les données recueillies permettent en tout cas d’aborder sereinement la prochaine saison. « Les comptages sont bons et nous permettent facilement de mettre une bête par chasseur sans risquer une baisse du cheptel trop importante », explique-t-il.
Les chasseurs choisissent une seule bête
Réunis lundi 14 septembre simultanément à la Maison des Chasseurs de Saint-Pierre et à la salle Entre-Nous de Miquelon, les chasseurs de l’archipel devaient notamment se prononcer sur le quota applicable cette saison. Deux possibilités leur étaient proposées. La première consistait à attribuer une bague à chaque chasseur. La seconde prévoyait une première bague ainsi que la possibilité d’obtenir une bague supplémentaire, comme cela avait été pratiqué lors des deux saisons précédentes. Le vote a été sans ambiguïté. « Que ce soit sur Saint-Pierre ou sur Miquelon, l’intégralité des chasseurs ont voté pour une bête par chasseur. Donc cette année, le quota sera d’une bête par chasseur », indique Daniel Koelsh. Alors même que les comptages estivaux permettent d’envisager la prochaine saison sans inquiétude particulière, les chasseurs ont donc retenu la solution la plus modérée.
Adapter les prélèvements à la population
C’est précisément tout le principe d’une gestion cynégétique raisonnée. Fixer un quota n’a de sens que s’il peut évoluer en fonction de ce qui est réellement constaté sur le terrain. Lorsque les populations augmentent fortement, les prélèvements peuvent être renforcés. Lorsqu’une plus grande prudence apparaît souhaitable, ils peuvent au contraire être contenus. À Saint-Pierre-et-Miquelon, les chasseurs disposaient cette année de résultats suffisamment favorables pour envisager une attribution supplémentaire. Ils ont néanmoins choisi collectivement de se limiter à un seul animal. Voilà aussi ce qu’est une chasse adaptée : compter, observer, analyser puis décider du niveau de prélèvement permettant à la fois de chasser et de préserver durablement la population.
Une ouverture en deux temps
La saison du cerf de Virginie débutera le 3 octobre. Une première période de chasse est prévue du 3 au 18 octobre, avant une seconde du 24 octobre au 8 novembre. Comme chaque année, des dispositions particulières permettent aux chasseurs à l’arc de disposer d’une période plus étendue. À l’approche de l’ouverture, la Fédération rappelle également plusieurs règles de sécurité. Le port du gilet et de la casquette reste obligatoire. Daniel Koelsh attire aussi l’attention des chasseurs sur le transport d’un animal prélevé : « Une bête tuée, le propriétaire de la bague doit être présent lors du transport de l’animal. »
Un chien de sang disponible cette saison
Autre nouveauté intéressante pour 2026, les chasseurs de l’archipel pourront désormais faire appel à un conducteur disposant d’un chien de sang, donc spécialisé dans la recherche du grand gibier blessé. Henri-Paul Mahé, installé à Miquelon, pourra ainsi intervenir lorsqu’un animal tiré n’est pas retrouvé immédiatement. Daniel Koelsh encourage les chasseurs à avoir recours à ses services en cas de besoin. « Il se perfectionne d’année en année, donc je pense que les chasseurs qui ont besoin ne doivent pas hésiter à le contacter parce que ça fait des exercices au chien et puis c’est une bonne chose. Au niveau de l’éthique de la chasse, on va dire que c’est très positif. ». Une démarche qui complète finalement assez bien la philosophie retenue cette année à Saint-Pierre-et-Miquelon : connaître les populations avant de déterminer les prélèvements, limiter volontairement le tableau lorsque cela paraît souhaitable et tout mettre en œuvre pour retrouver un animal blessé. Une gestion pragmatique qui rappelle que la chasse moderne ne consiste pas simplement à prélever, mais aussi à savoir adapter ses pratiques à la réalité du terrain et des espèces chassables.












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