C’est lors d’une séance de questions-réponses au Sénat que le Ministre Mathieu Lefèvre a remis les choses au clair : non, il ne souhaite pas « d’un jour sans chasse » en France, contrairement à ce que réclame régulièrement le parti écologiste. Une proposition qui revient en boucle depuis des mois, portée au nom de la sécurité et du fameux « partage de la nature ». Et pour l’instant, heureusement, la réponse reste la même, gouvernement après gouvernement : non.
Encore une fois, les verts agitent les mêmes arguments, sans jamais regarder les faits. La sécurité d’abord. Oui, il y a 30 ans, la chasse comptait en moyenne près de 40 accidents mortels par an. Mais aujourd’hui ? Pour la dernière saison, le chiffre est tombé à 4 décès. Quatre. C’est trop, évidemment. Mais sur ces quatre, la moitié sont des auto-accidents. Dans le même temps, les accidents domestiques ont causé près de 20 000 morts en 2024, avec 5 millions de passages aux urgences. La chasse, elle, c’est environ 80 accidents pour 4 morts. Les abeilles, frelons et guêpes tuent une douzaine de personnes chaque année. Les collisions avec des animaux sauvages, près de 50 morts. Alors venir expliquer que la chasse est un problème majeur de sécurité relève au mieux de l’approximation, au pire de la malhonnêteté.
Et puis il y a cette idée de « partage de la nature ». Le footing de Yannick Jadot, la balade de Marine Tondelier avec sa poussette… Très bien. Mais encore faut-il savoir de quoi on parle. Où se promène-t-on ? Dans les forêts domaniales, accessibles notamment le week-end et le mercredi, où la chasse est interdite. Mais dans les forêts privées, comme leur nom l’indique, on ne se promène pas librement. On ne rentre pas chez les gens, que ce soit dans leur maison, leur pré ou leur bois. Et même en prenant le cas d’un bois chassé, il faut être sérieux : en moyenne, il est chassé une fois tous les quinze jours, et encore, pas forcément sur toute sa surface. Les panneaux sont là pour prévenir. Cela signifie concrètement que sur une année, un promeneur peut profiter de ce même espace environ 345 jours. La saison de chasse au grand gibier s’étale grosso modo de début octobre à fin février. Sur cette période, on parle de 10 à 20 jours de chasse le week-end. Et c’est précisément là que les écologistes veulent interdire la chasse : le samedi ou le dimanche. C’est une décision qui serait totalement ubuesque. Pourquoi ? Parce que les chasseurs, eux aussi, travaillent.. Leur engagement, c’est le week-end. C’est là qu’ils assurent une mission quasi de service public : régulation, entretien des territoires sans parler de la question sociale. Une présence concrète, toute l’année, bien au-delà des seuls jours de chasse.
On en arrive donc à cette absurdité : demander aux chasseurs, bénévoles, acteurs de terrain, d’abandonner leur activité au profit de promeneurs qui profitent déjà des espaces entretenus par ces mêmes chasseurs. C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Le fond du problème est là. Derrière les phrases types commençant par interdire, il y a une méconnaissance profonde du monde rural. Le parti écologiste passe son temps à dénoncer, mais propose rarement des solutions concrètes. Vouloir protéger, c’est bien. Savoir comment protéger, c’est mieux. Et cette protection, les chasseurs la connaissent. La vérité, c’est que ceux qui parlent le plus de la campagne sont souvent ceux qui la connaissent le moins. Le vert est-il à la campagne ? Pas vraiment. Et pour cause : il ne la vit pas.












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