Incendies : les préfets pourront adapter l’ouverture de la chasse

Chasse incendie

Face aux incendies qui ont touché plusieurs départements cet été, le gouvernement annonce que les préfets pourront adapter localement le calendrier de la chasse. Une décision prise au cas par cas, en lien avec les Fédérations départementales des chasseurs. Dans les Landes, la FDC a même demandé à ses adhérents de suspendre temporairement toute activité de chasse.

Le gouvernement confie la main aux préfets

Alors qu’une pétition réclamant un moratoire de trois ans sur la chasse dans les forêts incendiées a franchi la barre des 330 000 signatures, le gouvernement a choisi une voie plus pragmatique. Vendredi, Matignon a indiqué que les préfets des départements concernés pourront adapter le calendrier de la chasse en fonction de la situation locale. Dans un message relayé par France Bleu, les services du Premier ministre précisent que cette adaptation devra se faire « au cas par cas, territoire par territoire », en lien étroit avec les Fédérations départementales des chasseurs. L’objectif affiché est de tenir compte à la fois des dégâts causés par les feux sur la faune sauvage et des réalités propres à chaque secteur.

Pas d’interdiction générale, mais des ajustements ciblés

Cette annonce tranche avec les demandes de certaines associations et de l’auteur de la pétition publiée sur Change.org, qui réclame une suspension totale de la chasse pendant au moins trois ans dans les forêts sinistrées. Selon ce texte, les animaux rescapés des flammes seraient trop affaiblis pour supporter une reprise rapide de l’activité cynégétique. Du côté des associations animalistes, plusieurs voix demandent également que les décisions soient prises localement, selon l’état réel des territoires touchés. Une position qui rejoint finalement l’orientation choisie par le gouvernement : éviter les mesures uniformes et laisser une marge d’appréciation aux autorités départementales.

Willy Schraen dénonce une instrumentalisation

Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, a regretté que certains utilisent un « contexte de misère, de crise émotionnelle très forte » pour relancer une offensive contre la chasse. Il reconnaît néanmoins qu’il existe des secteurs où une ouverture ne serait pas envisageable dans l’immédiat. Cette ligne est cohérente avec la position traditionnellement défendue par le monde cynégétique : faire preuve de responsabilité sur le terrain, sans céder à une interdiction générale dictée par l’émotion.

Dans les Landes, la Fédération a déjà suspendu la chasse

Le cas des Landes illustre parfaitement cette logique de responsabilité. La Fédération départementale des chasseurs des Landes a demandé à l’ensemble de ses adhérents de suspendre jusqu’à nouvel ordre les battues ainsi que la chasse à l’affût et à l’approche. Cette décision a été prise alors que le département est confronté à plusieurs incendies, notamment du côté de Biscarrosse, et qu’il a été placé en vigilance rouge pour les feux de forêt. La FDC 40 est même allée plus loin que les restrictions arrêtées par la préfecture. En effet, un arrêté préfectoral modifié le 27 juillet 2026 limitait déjà certaines activités dans un rayon de 200 mètres autour des espaces exposés, en rappelant que les armes de chasse peuvent constituer des sources potentielles d’ignition. Mais la Fédération landaise a choisi d’étendre d’elle-même la prudence à l’ensemble de ses chasseurs.

Une décision de bon sens sur le terrain

La FDC des Landes présente cette suspension comme une mesure de bon sens. Elle rappelle aussi que des contrôles sont actuellement menés par l’Office français de la biodiversité et la gendarmerie. Ce cas montre que les chasseurs n’attendent pas nécessairement des injonctions nationales pour agir avec discernement. Lorsque les conditions l’imposent, les structures départementales savent prendre leurs responsabilités et adapter les pratiques à la situation du terrain.

Une gestion locale plutôt qu’un moratoire idéologique

En donnant mandat aux préfets pour adapter l’ouverture de la chasse en concertation avec les Fédérations départementales des chasseurs, le gouvernement choisit donc une approche territoriale. Une approche qui permet de distinguer les zones réellement touchées, les niveaux d’impact sur la faune et les mesures éventuellement nécessaires. Pour le monde de la chasse, c’est aussi la reconnaissance qu’une gestion fine, locale et concertée est plus efficace qu’un moratoire généralisé, réclamé au nom de principes militants mais souvent déconnecté des réalités de terrain.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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