Pétition contre Sandrine Rousseau: pour elle, il s’agit de « totalitarisme rural »!

Sandrine Rousseau

La polémique née des propos de Sandrine Rousseau sur les chasseurs continue de prendre de l’ampleur. Deux semaines après son lancement, la pétition réclamant la démission de la députée écologiste approche désormais les 55 000 signatures. Face à cette mobilisation, l’élue a commencé à répondre à ses détracteurs, estimant notamment que la pétition servirait à détourner le débat sur l’état de la faune sauvage et parle de « totalitarisme rural ».

Plus de 54 000 signatures vérifiées

La mobilisation est loin de s’être essoufflée. Lancée le 27 août par Anthony Cuoq, président de l’Association des pêcheurs de la Plaine de Valence, la pétition intitulée « Pour la démission de Sandrine Rousseau de son mandat de députée » continue de recueillir des signatures à un rythme soutenu. Ce jeudi matin, elle se rapproche désormais de la barre des 55 000 soutiens. Lors de notre dernière vérification accessible sur Change.org, la plateforme affichait précisément 54 182 signatures vérifiées, dont près de 1000 enregistrées dans la journée. La progression est spectaculaire. Lorsque nous vous avions parlé pour la première fois de cette initiative, le 31 août, elle venait de dépasser 11 500 signatures. Deux jours plus tard, le compteur atteignait déjà 28 373 soutiens. Le 6 septembre, Le Monde faisait état de 47 000 signatures. En une dizaine de jours, la contestation a donc largement dépassé le seul cercle des responsables cynégétiques.

Sandrine Rousseau répond à la pétition

Jusqu’ici, Sandrine Rousseau avait surtout cherché à expliquer ses propos tenus le 23 août lors de l’UniREVcité du mouvement Révolution écologique pour le vivant d’Aymeric Caron. Pour rappel, la députée avait appelé ses sympathisants à se rendre dans les forêts et les campagnes au moment de l’ouverture de la chasse et déclaré : « C’est parce que nous serons là debout, face à eux, physiquement » que les chasseurs prendraient, selon elle, conscience de la situation de la faune sauvage. La députée réagit désormais directement à la mobilisation lancée contre elle. Interrogée par Le Monde, elle considère ainsi que cette pétition constitue « une façon de détourner le débat », avant d’ajouter : « Ils ne veulent pas que l’on parle de l’état de la faune sauvage. ». Actu.fr rapporte de son côté une réaction encore plus outrancière de l’élue, qui évoque un « totalitarisme rural » face à la mobilisation dont elle fait l’objet. Une formule pour le moins surprenante lorsque l’on se souvient que la Fédération nationale des chasseurs avait précisément accusé Sandrine Rousseau, dès le début de l’affaire, d’une « dérive totalitaire de la pensée » après son appel à se tenir physiquement face aux chasseurs.

Une affaire devenue politique et judiciaire

Depuis le 23 août, l’affaire a largement débordé du simple échange de déclarations entre la députée écologiste et les chasseurs. La Fédération nationale des chasseurs a annoncé porter plainte et saisir plusieurs responsables de l’État. Plusieurs Fédérations départementales des chasseurs ont décidé de lui emboîter le pas. En Ariège, la Fédération départementale des chasseurs a ainsi officiellement annoncé avoir déposé plainte aux côtés de la FNC, considérant les propos de Sandrine Rousseau comme « particulièrement graves et inadmissibles de la part d’une représentante de la Nation ». Elle estime notamment qu’ils sont susceptibles d’alimenter un climat de confrontation à l’approche des ouvertures générales. Dans le Gard, la Fédération départementale des chasseurs a elle aussi décidé de déposer plainte et réclame symboliquement un euro de dommages et intérêts par adhérent, soit 15 000 euros. Le dossier a également gagné l’Assemblée nationale, plusieurs députés ayant décidé de saisir la justice après les déclarations prononcées lors de l’université d’été du REV.

Une réponse qui risque de relancer la polémique

En présentant aujourd’hui la pétition comme une tentative destinée à éluder le débat sur la faune sauvage, Sandrine Rousseau ne répond finalement pas au principal grief formulé par ses opposants. Le texte lancé par Anthony Cuoq ne conteste pas à la députée le droit de s’opposer à la chasse. Il insiste au contraire sur la possibilité de combattre politiquement une pratique tout en refusant que ce désaccord débouche sur une logique de confrontation physique entre citoyens. « Notre réponse doit être démocratique : des mots, des signatures et le débat public », précise d’ailleurs la pétition, qui condamne explicitement « toute menace, violence ou intimidation ». Une ligne qui semble rencontrer un écho important puisque, près de deux semaines après son lancement, le compteur continue de tourner. Et avec désormais près de 55 000 signatures, l’affaire Sandrine Rousseau est manifestement loin d’être terminée.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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