Sandrine Rousseau découvre le sexisme… après avoir été traitée de « folle » par Willy Schraen

Sandrine Rousseau

Il aura donc suffi d’un mot pour que le débat sur la chasse se transforme en « masculinisme ». Après avoir appelé ses sympathisants à « affronter » physiquement les chasseurs, Sandrine Rousseau explique désormais que le mot « folle », employé par Willy Schraen pour qualifier ses propos, serait sexiste et révélerait le « masculinisme des chasseurs ». Une pirouette qui permet surtout d’éviter de répondre au fond.

Un mot, et tout à coup le débat change de sujet

Il faut reconnaître une chose à Sandrine Rousseau : elle sait parfaitement déplacer le débat. Il y a quelques jours, elle appelait ses sympathisants à venir dans les forêts, les campagnes et les lisières pour « empêcher » la chasse et se tenir « debout, face à eux, physiquement ». Des propos qui avaient suscité une vive réaction de Willy Schraen, lequel appelait les chasseurs à ne surtout pas répondre aux provocations. Dimanche dernier, sur Sud Radio, le président de la FNC a fini par lâcher le mot qui allait devenir le nouveau centre de la polémique : « Elle est complètement folle. » Une formule brutale, certes. Mais qui intervenait en réponse à des propos que Willy Schraen juge particulièrement dangereux lorsqu’ils sont prononcés par une parlementaire. Et voilà que Sandrine Rousseau transforme désormais ce « folle » en affaire de sexisme.

Une « appropriation virile de la nature »

Sur Sud Radio, la députée ne s’est pas contentée de dénoncer une attaque personnelle. « Le terme de folle est un terme sexiste et en fait c’est aussi la révélation, ça révèle le masculinisme des chasseurs », affirme-t-elle. Il faudrait donc croire qu’en qualifiant Sandrine Rousseau de « folle », Willy Schraen aurait dévoilé le fonctionnement profond de tout un monde : celui des chasseurs, présenté comme une organisation dans une « appropriation virile de la nature ». C’est quand même une sacrée démonstration à partir d’un seul mot. Willy Schraen n’a pas déclaré : « Sandrine Rousseau est une femme donc elle est folle ». Il a répondu à une déclaration précise. Il a estimé que l’appel à aller « physiquement » faire face aux chasseurs était irresponsable et potentiellement dangereux. Transformer cette formule en preuve du « masculinisme des chasseurs » revient surtout à lui faire dire beaucoup plus que ce qu’il a réellement dit.

Et si on revenait au fond ?

C’est finalement ce que cette polémique permet d’éviter. Le débat initial portait sur la chasse après les incendies et sur les mesures à prendre pour la faune sauvage. La FNC défend une adaptation des décisions en fonction des territoires et de l’état des populations, avec une gestion « territoire par territoire, espèce par espèce ». Sandrine Rousseau, elle, estime que les chasseurs devraient prendre leurs responsabilités et critique la poursuite de la chasse dans certains territoires touchés par les incendies. Pourtant, il a déjà été démontré que les chasseurs faisaient du cas par cas concernant les territoires brûlés ! Elle affirme également que les chasseurs s’accrocheraient à leur activité « simplement parce que ça leur fait plaisir d’aller tirer des animaux le week-end ». Voilà le débat que l’on pourrait avoir.

Willy Schraen attend toujours la député sur son appel à aller face aux chasseurs

Sandrine Rousseau conclut son intervention en affirmant : « Ce monde-là où les hommes peuvent se permettre de traiter les femmes de folle est terminé. » Très bien. On peut parfaitement considérer que Willy Schraen aurait pu choisir un autre terme. Mais cela ne transforme pas pour autant les chasseurs en « masculinistes », pas plus que cela ne permet d’évacuer le fond de la polémique. Car une question reste entière : que voulait réellement dire Sandrine Rousseau lorsqu’elle appelait ses sympathisants à aller « physiquement » face aux chasseurs ? C’est sur ce point que Willy Schraen l’attend. Et pour l’instant, sa consigne aux chasseurs reste la même : « Ne pas répondre aux provocations. »

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Né en 2005, Liluan Sérazin est originaire de Loire-Atlantique, au cœur de la Brière. Fraîchement diplômé du Centre Nantais de Journalisme, il a collaboré avec des médias du groupe actu.fr et plus récemment avec Presse Océan. Chasseur passionné depuis tout petit, c’est le petit gibier à plume qui l’intéresse, notamment le gibier d’eau, le pigeon à l’affût et la bécasse, qu’il traque avec ses deux springers spaniels. Il va mettre ses connaissances cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur.

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