Après dix-huit mois de travail avec les sapeurs-pompiers, l’État et l’Office national des forêts, les chasseurs du Rhône ont participé à l’installation de 207 panneaux numérotés dans les massifs forestiers du département. Ces points de rencontre doivent permettre aux victimes de signaler précisément leur position et aux secours d’intervenir plus rapidement, notamment en cas d’accident ou d’incendie.
Réduire le temps d’intervention des secours
Lorsqu’un promeneur se blesse ou se retrouve en difficulté au cœur d’une forêt, expliquer sa position aux services de secours peut devenir particulièrement compliqué. Les chemins n’ont pas toujours de nom, les intersections se ressemblent et les applications de randonnée ne suffisent pas forcément à décrire précisément un emplacement. Dans le Rhône, il faut ainsi en moyenne 25 minutes aux sapeurs-pompiers pour localiser une victime en milieu forestier, contre environ 13 minutes en ville. Pour réduire ce délai, les chasseurs du département ont apporté leur connaissance du terrain à la création d’un réseau de points de rencontre avec les secours.
207 panneaux répartis dans les massifs
Au total, 207 panneaux numérotés ont été installés dans différents secteurs forestiers du Rhône, à raison d’un repère tous les trois kilomètres environ. Le principe est volontairement simple. En cas d’accident, de malaise ou de départ de feu, la personne en difficulté compose le 112 et communique le numéro inscrit sur le panneau le plus proche. Les opérateurs disposent alors d’un point précis vers lequel diriger les secours. Une victime surprise par un nuage de fumée à proximité d’un incendie peut également être invitée à rejoindre l’un de ces points de rencontre. Les pompiers savent ainsi où la récupérer et peuvent organiser plus rapidement son évacuation. Pour les randonneurs, les cyclistes et tous les usagers des forêts, ces panneaux constituent également une sécurité supplémentaire. Même sans connaître le nom du chemin emprunté, il devient possible de transmettre une position immédiatement identifiable.
Dix-huit mois de travail collectif
La mise en place du dispositif est le résultat de dix-huit mois de collaboration entre les chasseurs du Rhône, le Service départemental-métropolitain d’incendie et de secours, l’État et l’Office national des forêts. Le projet a bénéficié du soutien financier de la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du Fonds vert. L’État a consacré 40 000 euros à son déploiement. Avant l’installation des panneaux, les points de rencontre existaient déjà dans certains outils cartographiques utilisés par les secours. Encore fallait-il vérifier qu’ils correspondaient bien aux réalités du terrain et qu’ils étaient accessibles aux véhicules d’intervention. C’est précisément à ce stade que l’expérience des chasseurs s’est révélée particulièrement utile.
Une connaissance quotidienne des chemins
Les chasseurs fréquentent régulièrement les massifs, leurs pistes et leurs chemins secondaires. Ils savent quels passages sont encore praticables et lesquels ont été détériorés par l’érosion, des chutes d’arbres ou des affaissements. Un itinéraire apparaissant sur une carte peut être impraticable pour un véhicule de secours. À l’inverse, certains accès entretenus ou utilisés localement peuvent permettre de gagner un temps précieux. Les chasseurs ont donc participé à la vérification de chaque emplacement. Il fallait s’assurer que le chemin était carrossable, que le panneau serait visible et que le point choisi se trouvait, autant que possible, à la croisée de plusieurs sentiers. Cette connaissance concrète des territoires vient compléter les cartes de l’Institut national de l’information géographique et forestière ainsi que les applications utilisées par les promeneurs.
Un outil précieux face aux incendies
En période de fortes chaleurs, l’intérêt de ce maillage apparaît encore plus clairement. Lorsqu’un incendie se déclare, les fumées peuvent désorienter les personnes présentes dans le massif et rendre les repères habituels difficiles à distinguer. Les chemins peuvent également être rapidement coupés par les flammes ou par la chute d’arbres. Dans cette situation, connaître le numéro du point de rencontre le plus proche permet aux pompiers de guider les personnes menacées vers un lieu clairement identifié. Le dispositif ne sert donc pas uniquement à secourir un randonneur blessé. Il peut également faciliter l’évacuation rapide d’une zone forestière et aider les secours à organiser leur intervention. Les incendies majeurs survenus ces dernières années, et ceux qui frappent actuellement le Sud-Ouest, rappellent combien les premières minutes sont déterminantes.
Les chasseurs au service de tous les usagers
Cette initiative illustre une nouvelle fois le rôle joué par les chasseurs bien au-delà de la seule pratique cynégétique. Grâce à leur présence régulière dans les bois, ils connaissent les accès, les points d’eau, les pistes forestières et les secteurs difficiles à atteindre. Cette expérience peut être mise au service des pompiers, mais aussi de tous ceux qui fréquentent les espaces naturels. Ils participent ici bénévolement à un dispositif destiné aux promeneurs, aux sportifs, aux travailleurs forestiers et, plus largement, à toute personne susceptible d’avoir besoin des secours. Désormais, dans les massifs équipés du Rhône, une consigne doit être retenue : en cas d’accident ou d’incendie, il faut appeler le 112 et transmettre le numéro du panneau le plus proche. Quelques chiffres inscrits au bord d’un chemin peuvent parfois faire gagner de longues minutes. En forêt, ce temps gagné peut sauver une vie.












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