À l’école de chasse de Saint-Astier, en Dordogne, les femmes sont de plus en plus nombreuses à préparer leur permis de chasser. Jeunes, passionnées de nature, attachées à leurs chiens et à leurs territoires, elles incarnent un renouvellement particulièrement encourageant du monde cynégétique. Et les chiffres confirment cette belle dynamique !
Près d’un candidat sur cinq est une femme
À Saint-Astier, près de Périgueux, les séances de préparation au permis de chasser témoignent d’une évolution qui prend de l’ampleur. Parmi les candidats venus s’exercer aux différentes épreuves pratiques, les femmes occupent désormais une place croissante. Angélique Gendre, technicienne à la Fédération départementale des chasseurs de Dordogne, forme les futurs chasseurs depuis plus de vingt ans. Elle constate cette évolution avec satisfaction. Chaque année, entre 500 et 600 personnes suivent les formations dispensées dans le département, avec des candidats âgés de 15 ans et demi jusqu’à près de 80 ans. Pour Angélique, l’intérêt des femmes repose notamment sur leur attachement aux chiens, à la nature et sur leur volonté de pratiquer librement une activité qui leur plaît. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la saison dernière, près d’un candidat sur cinq au permis de chasser en Dordogne était une femme. Une proportion particulièrement encourageante pour une activité longtemps considérée, à tort, comme exclusivement masculine.
Emma, 26 ans, une nouvelle génération de chasseresses
Parmi les candidates figure Emma Delbos, 26 ans, qui prépare son permis avec son compagnon Abel Rigolot. Pour cette jeune femme, la chasse représente avant tout une occasion de partager une passion commune, de découvrir autrement la nature et de développer une relation plus profonde avec le monde animal. « C’est du partage, du respect de l’animal. On a un autre œil, un autre regard », explique-t-elle. Consciente des préjugés qui entourent parfois la chasse, Emma entend également contribuer à faire évoluer les mentalités. Elle insiste ainsi sur une pratique qui ne consiste pas à prélever du gibier sans discernement, mais qui s’inscrit dans un attachement au terroir, aux traditions et au respect des animaux. Son compagnon Abel partage cette volonté de mieux comprendre les équilibres naturels en fréquentant les chasseurs et en découvrant leurs activités de gestion de la faune sauvage. Une démarche qui illustre parfaitement ce que la chasse peut transmettre aux nouvelles générations : la connaissance du terrain, l’observation des espèces, le respect du gibier et le plaisir de partager des moments en plein air.
De plus en plus de femmes dans les équipes
Cette féminisation ne concerne pas uniquement les formations au permis de chasser. Elle se remarque également sur le terrain, au sein des sociétés de chasse. Charlène Philippe, éleveuse de chevaux en Dordogne, accompagne sa famille à la chasse depuis son enfance. À une époque où les femmes étaient encore peu nombreuses dans les équipes, elle faisait figure d’exception. Aujourd’hui, la situation a bien changé. Dans son groupe d’une dizaine de personnes, hommes et femmes sont désormais représentés à parts presque égales. « Ça rajoute un peu de jeunesse et de féminité dans la cabane », se réjouit-elle. Un témoignage qui montre combien les habitudes évoluent. Les chasseresses prennent naturellement leur place, que ce soit au poste, à la traque, derrière leurs chiens ou dans l’organisation des journées de chasse. Et cette mixité contribue aussi à renouveler l’ambiance et la convivialité au sein des équipes.
Des chasseresses nettement plus jeunes
Cette évolution observée en Dordogne s’inscrit dans une tendance nationale. Selon la Fédération nationale des chasseurs, les femmes représentaient 3,3 % des pratiquants lors de la saison 2022-2023, une proportion encore modeste, mais en progression de 25 % en moins de dix ans. Plus révélateur encore, elles représentaient 14,46 % des candidats au permis de chasser sur la période 2020-2023. Et leur profil est particulièrement intéressant : près de 42 % des chasseresses ont moins de 34 ans, contre seulement 14,5 % des hommes. Une différence considérable qui confirme que l’arrivée des femmes constitue également un formidable facteur de rajeunissement. Pour une activité confrontée depuis plusieurs décennies à l’érosion et au vieillissement de ses effectifs, cette dynamique représente incontestablement une excellente nouvelle.
Une belle promesse pour l’avenir de la chasse
La relève cynégétique ne se résume évidemment pas à une question de chiffres. Elle repose aussi sur la transmission des connaissances, des savoir-faire et des valeurs qui font la richesse de la chasse française. Apprendre à reconnaître les espèces, comprendre les milieux naturels, travailler avec les chiens, respecter les règles de sécurité et découvrir la convivialité d’une équipe : autant de dimensions qui séduisent aujourd’hui de nouvelles pratiquantes. L’arrivée de ces jeunes femmes montre également que la chasse demeure capable de susciter des vocations, y compris auprès de personnes qui ne correspondent pas à l’image traditionnelle du chasseur. Il appartient désormais aux sociétés de chasse de savoir accueillir cette nouvelle génération, de lui transmettre leur expérience et de lui donner toute sa place. Car derrière les sourires de ces candidates au permis se dessine peut-être une partie de l’avenir de notre passion. Et voir une nouvelle génération, féminine et enthousiaste, prendre le relais ne peut que réjouir tous ceux qui aiment la chasse et souhaitent la voir perdurer !












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