À l’initiative du député Daniel Labaronne, l’Assemblée nationale a accueilli mardi 29 septembre une après-midi consacrée au poids économique de la chasse. Animé par notre média, le colloque a réuni chasseurs, entrepreneurs, professionnels, chercheurs et acteurs des territoires venus présenter des exemples concrets pour mesurer ce que cette activité fait vivre au-delà de la seule pratique cynégétique.
Daniel Labaronne veut mettre en lumière un angle mort du débat sur la chasse
En ouvrant le colloque à l’Assemblée nationale, Daniel Labaronne a posé d’emblée le sujet qui allait guider l’ensemble des interventions : « Quel est le poids économique de la chasse dans nos territoires ? » Pour le député, cette dimension reste encore insuffisamment présente dans les débats consacrés à la chasse. L’objectif de cette journée était donc de regarder la chasse non seulement comme une activité de loisir, mais comme une activité économique qui fait travailler une multitude d’acteurs. Agriculteurs, hôteliers, restaurateurs, armuriers, artisans, vétérinaires, fabricants, transporteurs ou encore commerçants ont ainsi été invités à témoigner de leur activité et de leurs liens avec le monde cynégétique. Daniel Labaronne a également rappelé le rôle du groupe d’études chasse et pêche de l’Assemblée nationale, qu’il copréside avec Christophe Boucher, et qui réunit une centaine de députés issus de différentes formations politiques. Il souhaite désormais aller plus loin avec la création éventuelle d’un observatoire économique de la chasse, conçu de manière objective pour mieux mesurer le poids de cette activité dans l’économie française. « Nous avons surtout voulu faire parler le terrain, avec des exemples concrets, et autant que possible, des chiffres », a-t-il expliqué, avant de résumer la démarche : suivre l’argent dépensé par les chasseurs et regarder « où il va, qui le fait travailler, quelles activités il permet de maintenir ».

Marie-Laëtitia des Robert chiffre une économie qui dépasse largement la chasse elle-même
Pour introduire cette réflexion, Marie-Laëtitia des Robert, docteure en sociologie et dirigeante du cabinet Randea, a présenté l’étude économique, environnementale et sociétale menée pour la Fédération nationale des chasseurs. Fondée notamment sur 144 000 réponses de chasseurs, l’étude cherche à reconstituer une activité dont les acteurs sont très dispersés dans les statistiques économiques. Elle chiffre à 4,2 milliards d’euros les dépenses des chasseurs en 2022, dont 945 millions consacrés à l’équipement, 910 millions à l’accès et à l’entretien des territoires, 805 millions au transport, à l’hébergement et à la restauration et 380 millions aux auxiliaires de chasse. Après prise en compte des importations et des flux internes, 3 milliards d’euros sont injectés dans l’économie française, pour une contribution estimée à 3,6 milliards d’euros au PIB, 2,9 milliards d’euros de valeur ajoutée et 37 400 emplois en équivalents temps plein, dont 7 250 emplois publics. L’étude met également en évidence un autre aspect moins visible : 800 000 chasseurs, soit 87 % d’entre eux, déclarent consacrer du temps bénévole à des actions liées à la chasse, aux territoires, à la faune, à la flore ou à la vie locale. Ils représentent 173 millions d’heures de bénévolat par an.
Les territoires ruraux concentrent une partie importante des retombées économiques
L’intervention de Marie-Laëtitia des Robert a également permis de comprendre pourquoi ces dépenses dépassent largement le seul cercle des professionnels de la chasse. Une arme achetée chez un armurier fait travailler des fabricants, des importateurs, des transporteurs, des prestataires de services et des entreprises qui fournissent elles-mêmes leurs propres fournisseurs. Le même mécanisme existe pour les véhicules, les vêtements, l’optique, les chiens, les chevaux, l’entretien des territoires ou encore les séjours touristiques. La modélisation présentée par Randea et Xerfi montre que tous les territoires contribuent à l’effet PIB national, avec un impact particulièrement visible dans les départements ruraux. En Creuse, par exemple, 21 emplois liés à la chasse sont associés à 10 000 emplois locaux. Cette logique de diffusion est précisément celle que Daniel Labaronne souhaitait mettre en évidence en réunissant des professionnels venus de secteurs très différents : derrière une dépense réalisée par un chasseur se trouve souvent une chaîne économique beaucoup plus longue.
Les sociétés de chasse mobilisent des dizaines de milliers d’euros dans les territoires
Le témoignage de Julien Gingembre, responsable d’une société de chasse implantée entre le Bas-Rhin et la Moselle, a donné une illustration très concrète de cette mécanique. Sur près de 3 000 hectares, son organisation réunit une vingtaine de membres réguliers et une équipe technique plus large, pour un budget annuel d’environ 110 000 euros. Une grande partie de cette somme revient directement au territoire : location des chasses, indemnisation des dégâts de grand gibier, entretien, miradors, carburant, alimentation des chiens ou encore équipements. La société investit également dans la prévention des dégâts agricoles, avec des clôtures, des miradors, des équipements de vision thermique et des drones. Mais la dépense ne s’arrête pas là. Les actions de chasse génèrent également des revenus liés à la venaison, aux parts de chasse et aux prestations locales. Julien Gingembre a surtout montré à quel point un chasseur venant de l’extérieur peut faire fonctionner une multitude de commerces : garagiste, vétérinaire, armurier, hôtel, restaurant, boulangerie, boucher ou traiteur. Une réalité particulièrement importante dans les territoires ruraux où une journée ou un week-end de chasse peut faire travailler plusieurs entreprises successivement. « Tous les hôteliers… l’hiver, sans nous, il ne va pas se passer grand-chose », résumait notamment un des enjeux évoqués lors de son intervention.

« Chasse Vacances » transforme les séjours de chasse en activité touristique
Avec Christophe Bouyer, président de la Fédération des chasseurs de Charente-Maritime, le colloque s’est intéressé à un autre modèle : « Chasse Vacances », dispositif mis en place en 2010 pour permettre à des chasseurs venus d’autres départements de pratiquer leur passion sur les territoires d’ACCA participantes. La Fédération centralise les démarches, vérifie les permis et met en relation les chasseurs avec les associations locales. Le système concerne notamment la chasse du brocard, une pratique pour laquelle les chasseurs locaux sont parfois moins nombreux à se positionner. Le visiteur ne vient cependant pas uniquement pour chasser : il se loge, se restaure, fait ses courses et profite du territoire avec sa famille. Christophe Bouyer estime ainsi qu’un chasseur peut dépenser environ 1 500 euros pendant son séjour, auxquels s’ajoutent les dépenses de ses accompagnants. Les retombées concernent les gîtes, les restaurants, les commerces, les producteurs et les artisans. La venaison peut également rester sur le territoire grâce aux boucheries, traiteurs et chambres froides locales. L’expérience pose ainsi une question plus large : comment transformer la présence ponctuelle de chasseurs extérieurs en véritable activité touristique pour les territoires ruraux ?
Les véhicules de chasse font vivre un réseau de garages et de fournisseurs
Le témoignage de Thomas de Villefranche, dirigeant de Land Service, a déplacé le regard vers l’automobile. Son entreprise, spécialisée dans les pièces détachées Land Rover, compte 17 salariés et dispose d’environ 30 000 références. Selon lui, près de 30 % de sa clientèle est liée à la chasse, avec une présence particulièrement forte autour des anciens Defender. Le véhicule de chasse représente en effet bien plus qu’un moyen de transport : achat, entretien, carburant, assurance, accessoires et réparations alimentent toute une chaîne économique. Thomas de Villefranche a également insisté sur la longévité de ces véhicules, certains anciens Defender ayant plus de vingt ans. Leur entretien fait travailler des garages ruraux, des équipementiers, des fabricants de pièces, des transporteurs et des distributeurs. « C’est vraiment un marché à part entière », a-t-il résumé. Il voit également dans cette utilisation prolongée des véhicules une forme d’économie circulaire : « Ça fait durer des voitures entre 25 et 30 ans ».
Les domaines de chasse font travailler des salariés toute l’année
Le témoignage de Gilles et Sophie de Puyneuf, propriétaires du Domaine de la Maisonnette en Vendée, a illustré le poids économique de la chasse dans une propriété privée. Le domaine représente environ 550 hectares de forêt et 250 hectares de plaine, avec une activité cynégétique occupant une place centrale dans son fonctionnement. La chasse génère directement des journées d’activité, mais aussi des besoins permanents en entretien, en personnel, en hébergement et en restauration. Le domaine accueille des chasseurs pendant une grande partie de la saison et emploie plusieurs personnes à l’année ou de manière saisonnière. L’activité cynégétique s’intègre ainsi à un ensemble plus large comprenant les chambres d’hôtes, les gîtes, la gestion forestière et les prestations proposées aux groupes de chasse. Le témoignage a surtout montré que, dans certaines propriétés rurales, la chasse n’est pas une activité isolée : elle participe directement au modèle économique global du domaine et permet de maintenir des emplois et des prestataires dans un territoire où les activités touristiques sont parfois saisonnières.
Les armureries font vivre bien plus que la vente d’armes
Mathieu Sarazin, dirigeant du Pistolier à Toulon, a présenté un modèle d’armurerie particulièrement diversifié. Son entreprise dispose de plus de 1 000 m² de magasin, d’un espace de tir de dimension comparable, d’une activité de restauration et d’un club comptant plus de 1 000 membres. L’entreprise emploie plusieurs dizaines de personnes et fait travailler de nombreux partenaires : bâtiment, maintenance, sécurité, informatique, restauration, banques ou encore fournisseurs spécialisés. Le modèle repose largement sur le service, le conseil et la capacité à créer un lieu autour de la pratique. Mathieu Sarazin a également évoqué les investissements nécessaires pour développer cette activité, notamment 650 000 euros consacrés aux travaux de traitement de l’air et de ventilation du stand de tir. Il a expliqué avoir rencontré des difficultés pour accéder au crédit en raison du classement administratif de son activité, avant de trouver les solutions nécessaires. Son intervention a ainsi montré qu’une armurerie peut devenir un véritable pôle économique local, à condition de développer des activités complémentaires autour de son cœur de métier.

La venaison constitue encore une filière économique à structurer
Charlotte de Fougères, fondatrice de C2F Concept, a consacré son intervention à la venaison et à son potentiel économique. Les volumes sont considérables : environ 50 000 tonnes de carcasses de grand gibier seraient disponibles chaque année, pour environ 20 000 tonnes de viande nette. Pourtant, seule une faible partie entre aujourd’hui dans les circuits professionnels. Le reste est autoconsommé ou circule dans des circuits domestiques. Charlotte de Fougères a détaillé la chaîne qui pourrait se développer autour du gibier : collecte, transport, chambres froides, découpe, transformation, boucherie, restauration et distribution. Elle a notamment utilisé l’exemple d’un sanglier dont la valeur peut passer de quelques dizaines d’euros au départ à plusieurs centaines d’euros après transformation, jusqu’à atteindre une valeur de l’ordre de 2 000 euros dans la restauration. « Notre sanglier qui valait 40 euros devient 2 000 euros », a-t-elle résumé. Pour elle, la difficulté n’est donc pas l’absence de demande, mais la structuration de la filière, la collecte, la chaîne du froid, la réglementation et le nombre encore limité d’établissements capables de traiter professionnellement le gibier.
Le numérique élargit le marché de l’équipement et celui des armuriers
L’intervention consacrée à NaturaBuy, présentée par Marie-Laëtitia des Robert, a montré une autre évolution du marché. Créée en 2007, la plateforme met en relation professionnels et particuliers pour des produits neufs et d’occasion. Elle revendique 72 millions de visites annuelles, 700 000 transactions et environ 800 armuriers partenaires, soit près de 90 % de la profession. Le volume de transactions de la plateforme est passé de 37 millions d’euros en 2017 à 110 millions en 2024. Pour les armuriers, le numérique permet surtout d’élargir considérablement leur zone de chalandise : certains réalisent désormais une part importante de leur chiffre d’affaires à distance. Le marché de l’équipement cynégétique en ligne est estimé par NaturaBuy à environ 350 millions d’euros par an, tandis que l’étude FNC-Randea estime à 470 millions d’euros l’économie de seconde main et collaborative liée aux dépenses des chasseurs en 2022. La plateforme génère par ailleurs des emplois dans le développement informatique, le service client, la modération, la logistique, le contrôle des armes, les paiements et le service après-vente.
Fabricants, importateurs et distributeurs constituent une chaîne industrielle complète
Stéphane d’Adeler, dirigeant d’ECP, a de son côté présenté l’économie située en amont des armureries. Fabrication, importation, distribution, conformité réglementaire, stockage, transport et commercialisation forment une chaîne qui mobilise de nombreux métiers. Le marché français des armes, munitions et accessoires représente selon les données présentées plusieurs centaines de millions d’euros, avec environ 1 400 détaillants. À cela s’ajoutent les fabricants et importateurs, mais aussi les entreprises de chimie, de métallurgie, de logistique, les sous-traitants, les banques, les assureurs ou encore les prestataires chargés des contrôles. Stéphane d’Adeler a également insisté sur le rôle de Saint-Étienne et sur la persistance de savoir-faire industriels historiques. Même lorsqu’un produit est fabriqué à l’étranger, son arrivée sur le marché français nécessite des opérations de conformité, de transport, de stockage, d’administration et de distribution qui créent de la valeur et de l’emploi en France.
Les métiers d’art prolongent l’économie de la chasse jusque dans le luxe
Avec Daphné de Roquefeuil, le colloque a abordé une activité plus inattendue : la maroquinerie haut de gamme. Reprise en début d’année avec son frère et sa belle-sœur, la maison Alexandre Mareuil, installée à Bordeaux, emploie une dizaine de personnes et reste historiquement liée à l’univers de la chasse et de l’aventure. Les articles destinés à la chasse représentent environ la moitié de son activité : fourreaux, mallettes, étuis, sacs et accessoires. Une pièce sur mesure peut faire intervenir plusieurs métiers : armurier, graveur, menuisier, maroquinier ou encore spécialiste du textile. Environ 70 % des étuis d’armes sont exportés, notamment vers le Royaume-Uni, l’Autriche, l’Allemagne, le Moyen-Orient et d’autres marchés internationaux. La maison diversifie également son activité vers le vin, le cognac et l’art de vivre. L’intervention a montré que la chasse peut aussi servir de vitrine à des savoir-faire français très spécialisés, parfois exercés par de petites entreprises familiales confrontées à la question de la transmission des compétences.

L’hôtellerie et la restauration bénéficient directement de la clientèle cynégétique
À l’Auberge du Cheval Blanc, en Sologne, Joël Danthu a présenté un modèle dans lequel la clientèle de chasse représente environ 50 % du chiffre d’affaires. Dans cet établissement de trois étoiles, qui compte huit salariés permanents, la fréquentation cynégétique contribue fortement à l’occupation pendant la saison de chasse. Certains clients viennent de très loin, notamment de Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni ou des États-Unis, et reviennent régulièrement. Ils ne consomment pas uniquement une chambre : ils prennent des repas, organisent des repas de chasse et font travailler les producteurs et fournisseurs locaux. Pour le restaurateur, le lien avec la chasse est donc directement économique et territorial. « S’il n’y a pas la chasse dans l’activité, l’auberge n’a pas lieu d’exister », résume-t-il.
Le tourisme international apporte des dépenses supplémentaires aux territoires français
Philippe Bernon, dirigeant de JP. Bernon Safaris, a présenté une autre dimension du tourisme cynégétique : celle des chasseurs étrangers qui viennent pratiquer leur passion en France. Son entreprise, créée il y a plus de quarante ans par son père Jean-Pierre Bernon, accompagne à la fois des chasseurs français à l’étranger et une clientèle internationale accueillie en France sous l’activité Hunt in France. Ces visiteurs dépensent dans les territoires, les guides, les organisateurs de chasse, les hébergements, les restaurants, les transports, les permis et les prestations touristiques. Sur un échantillon de dossiers présenté lors du colloque, 12 dossiers de chasseurs étrangers en 2025 représentaient environ 140 000 euros de dépenses directes en France, hors marge de l’agence et dépenses complémentaires après le séjour. Philippe Bernon a également souligné que la chasse pouvait constituer une porte d’entrée vers un séjour touristique plus large, avec des accompagnants et des activités qui dépassent largement le seul temps passé à chasser.
Le chien de chasse fait travailler une filière entière autour des territoires
Fleur-Marie Desfougères, directrice de la Centrale Canine, a montré que l’économie de la chasse passe également par un acteur souvent considéré comme un simple auxiliaire : le chien. La France compterait environ 2 millions de chiens de chasse, selon l’estimation présentée. Leur entretien mobilise éleveurs, vétérinaires, laboratoires génétiques, éducateurs, dresseurs, fabricants d’équipements et organisateurs de concours. Alimentation, soins, assurance, transport, GPS, gilets de protection ou encore entraînement représentent des dépenses régulières, particulièrement importantes pour les propriétaires de meutes. Les épreuves de chiens courants constituent elles aussi une activité économique dans les territoires, avec environ 1 000 épreuves organisées chaque année. La Centrale Canine joue également un rôle dans la préservation des races françaises, dont une grande partie a été historiquement développée pour la chasse. Fleur-Marie Desfougères a résumé cette interdépendance par une formule particulièrement claire : « En fait, sans chien, il n’y a pas tout le reste de la contribution économique de la chasse à l’économie française. »

Les équipages de chasse à courre entretiennent aussi un patrimoine économique et culturel
Maximilien de Vibraye, propriétaire du château de Cheverny, a apporté un éclairage complémentaire sur la chasse à courre et son inscription dans un domaine touristique. Cheverny accueille plus de 500 000 visiteurs par an et emploie une cinquantaine de salariés en CDI, auxquels s’ajoutent des renforts en haute saison. L’équipage de vénerie du domaine existe depuis 1850 et mobilise environ 200 000 euros par saison. Cette somme comprend notamment les salaires, l’alimentation des chevaux et des chiens, les soins vétérinaires, le matériel et les prestations de maréchalerie. L’équipage représente également des emplois directs et indirects autour de la forêt et fait travailler des vétérinaires, des maréchaux-ferrants, des commerces et des prestataires locaux. La chasse fait enfin partie du patrimoine présenté aux visiteurs : chiens, trophées, histoire de l’équipage et explications sur la vénerie constituent une composante de l’expérience touristique du château. Une réalité qui montre que, dans certains domaines historiques, la chasse est à la fois une activité, un patrimoine et un élément de l’économie touristique.
Les témoignages convergent vers une même réalité économique
En réunissant ces interventions, Daniel Labaronne cherchait précisément à éviter une approche uniquement théorique du poids économique de la chasse. Les témoignages apportés pendant le colloque montrent des réalités différentes, mais complémentaires : une société de chasse qui dépense plusieurs dizaines de milliers d’euros chaque année, un chasseur qui fait travailler un hôtel ou un restaurant, une armurerie qui emploie des salariés et investit plusieurs centaines de milliers d’euros, un fabricant qui dépend d’un réseau de distributeurs, une entreprise numérique qui élargit la clientèle des professionnels, une maison de maroquinerie qui exporte ses étuis d’armes, ou encore un domaine touristique qui entretient un équipage de vénerie depuis plus de 170 ans. À cette économie marchande s’ajoutent la venaison, le tourisme international et surtout le bénévolat. Les 800 000 chasseurs engagés bénévolement, les 435 000 qui participent à l’entretien des chemins et les 20 000 sociétés sollicitées par les communes illustrent une autre forme de contribution, qui ne se mesure pas uniquement en chiffre d’affaires.
Un colloque pour mieux mesurer ce que la chasse fait vivre aux territoires
Au terme de cette journée, le constat présenté par les différents intervenants est donc celui d’un écosystème beaucoup plus large que la seule pratique de la chasse. Les 4,2 milliards d’euros de dépenses mesurés par l’étude FNC-Randea constituent un point de départ, auquel s’ajoutent les effets indirects sur les fournisseurs et les emplois, les dépenses touristiques, les activités liées à la venaison, les métiers spécialisés et le bénévolat. C’est précisément pour mieux documenter cette réalité que Daniel Labaronne a évoqué la possibilité de créer un observatoire économique de la chasse, avec l’objectif d’actualiser régulièrement les données et de rendre cette contribution plus lisible. L’enjeu, pour le député, est de disposer d’une vision objective et documentée de ce que représente la chasse dans l’économie française. « Montrer ce que pèse cette activité dans notre économie » : c’est finalement l’ambition qui résume le mieux le colloque organisé à l’Assemblée nationale.











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